Cette année, le festival a proposé une fois encore, un panorama de la production cinématographique documentaire sur le thème des droits humains qui fait écho au contexte national et international.

Notre jury a accordé le Grand Prix à XY Chelsea de Tim Travers Hawkins. Ce film illustre à travers son héroïne, le droit applicable en temps de guerre : le Droit International Humanitaire qui, pour des raisons humanitaires, cherchent à limiter les effets des conflits armés. Il protège les personnes qui ne participent pas ou plus aux combats et restreint les moyens et méthodes de guerre. Le réalisateur illustre le courage du Soldat Manning qui décide de divulguer à Wikileaks des documents sur des violations graves du droit international humanitaire en Irak, en Afghanistan. Condamné à 35 ans de prison pour trahison, Manning voit sa peine commuée à 7 ans à la fin de l’administration Obama. A sa libération Chelsea Manning a accompli sa transformation en femme. Cette deuxième partie du documentaire, nous permet de découvrir cette activiste pour les droits humains en temps de paix. Le réalisateur dresse le portrait unique d’une personne « défenseur des droits » dans des contextes différents, mais toujours dans l’intérêt de protéger des vies et la dignité de l’homme. Au cœur de l’actualité avec sa nouvelle incarcération en 2019, nous découvrons les conditions de sa détention et nous décelons à travers la caméra, l’enfer intérieur de Chelsea et les actes de torture impossibles à oublier…

(The) Remains, après l’Odyssée, de Nathalie Borgers, qui a obtenu le Prix spécial du jury nous amène à suivre un parcours d’exode d’une famille victime du conflit armé en Syrie. Les gilets de sauvetages, les épaves de bateaux, les disparus illustrent ce drame. Ce documentaire souligne un droit fondamental, celui du droit de connaître le sort des membres de sa famille qui ont disparu, ainsi que de correspondre et de communiquer avec ses proches dont elle a été séparée. Comme le montre la réalisatrice, les autorités de l’État peuvent ne pas avoir la capacité et la volonté de faire en sorte que ces droits soient respectés, alors que cette responsabilité leur incombe au premier chef. C’est aussi garantir à cette famille qu’ils soient informées sur le sort de leurs proches disparus, y compris le lieu où ils se trouvent. Les familles devraient connaître la cause et les circonstances du décès, afin de faciliter l’acceptation et amorcer un processus de deuil. La souffrance de ceux qui sont sans nouvelles de leur famille, nous touche tous profondément. La réalisatrice, illustre que derrière l’activité de rétablissement des liens familiaux, il y a un être humain avec sa vie et sa famille. Aussi, elle souligne l’environnement complexe dans lequel les acteurs humanitaires entreprennent la mission de rétablissement des liens familiaux et comment elle pose des défis importants qu’il va falloir relever.